Vogelsang-Eymann, Clara, céramiste (1892-1984)

Actuellement (octobre 2023), il n’y a malheureusement pas de céramiques de Clara Vogelsang-Eymann (CVE) dans la banque de données de CERAMICA CH.

Née à Langenthal (∗ 11.10.1892 Langenthal, † 23.2.1984 Zurich), ville du canton de Berne, dans l’arrondissement administratif de la Haute-Argovie, comptant actuellement 15 000 habitants, célèbre pour sa manufacture de porcelaine. Ses parents Robert et Anna Eymann-Sommer tenaient l’auberge « Bären – L’ours ».

Les talents artistiques de Clara en matière de peinture ont été reconnus et encouragés très tôt.

1908 Elle fréquente l’École d’Arts et Métiers de Lausanne où elle est formée par la céramiste Nora Gross.

1912 Elle bénéficie d’une formation artistique à la Polytechnic School of Arts de Londres. Plus tard, elle devient l’élève du peintre Ernst Link.

1914 Lors de l’Exposition nationale suisse de cette année-là, Clara Eymann a été récompensée par une médaille de bronze pour ses créations artisanales dans le domaine de la céramique. En outre, elle a  contribué au  « Bazar du Dörfli [1] »,  où ses céramiques furent exposées.

[1]  « Dörfli » : littéralement « petit village ». Dans la saga de « Heidi » de Johanna Spyri, le hameau de Dörfli et l’alpe de l’ « Oncle » ont fini par incarner le paysage helvétique et ont contribué au mythe d’une Suisse dont les habitants vivent en toute innocence au bon air des Alpes. Le Dörfli désigne ici un endroit de l’Exposition nationale présentant les produits du terroir.

1915 Elle épouse Constanz Amanz Vogelsang, directeur de la Société générale d’affichage (SGA) à Zurich. Tous deux entretiennent des contacts avec de nombreux artistes suisses.

1924 Elle expose ses céramiques à l’exposition des « Arts décoratifs » de Neuchâtel (FAN – L’express, 27 novembre 1924).

1925 Clara fait partie des cofondateurs de la Société suisse des femmes artistes en arts visuels (SSFA), section de Zurich, bien qu’au cours de toute sa vie, elle n’a probablement jamais possédé son propre atelier, mais a travaillé dans les ateliers de Wächter à Zurich ou à Feldmeilen et des Haussmann à Uster, canton de Zurich (Die Tat – Les Faits, 6 octobre 1972).

1925 Participation à l’exposition de Noël du groupe local bernois du Werkbund suisse (équivalent suisse alémanique de L’Œuvre, association de promotion et de défense d’un art suisse), au Musée des Arts décoratifs de Berne (Neue Zürcher Zeitung – La Gazette zurichoise, numéro 2017, 17 décembre 1925). La NZZ écrivait le 13 octobre : « Les salles de la Kunsthalle – Salles d’expositions artistiques – [Berne] sont décorées des œuvres de nos artistes de notre Association suisse des peintres et sculpteurs. D’une main sûre, le jury y a placé des exemples significatifs de leurs travaux… Dans le domaine de la céramique aussi, on constate de grands progrès. Il suffit de contempler les assiettes plates ou creuses joliment façonnées de G. Meister-Zingg, les pichets et les coupes techniquement parfaites de Clara Vogelsang, ainsi que les jolies tasses et les bols très pratiques d’Adele Schwander.

1927 Elle expose des céramiques de table à la grande exposition de « Céramique suisse » à Genève (compte rendu de l’exposition : Der Bund – La Confédération, volume 78, numéro 395, 14 septembre 1927 édition 02).

1927 Participation à l’exposition de Noël du groupe local bernois du Werkbund suisse (équivalent suisse alémanique de L’Œuvre, association de promotion et de défense d’un art suisse), au Musée des Arts décoratifs de Berne (Neue Zürcher Zeitung – La Gazette zurichoise, 2173, 16 décembre 1927 édition 02).

1928 Exposition à la Saffa (Exposition nationale suisse pour le travail féminin, Berne 1928)  (Berner Tagwacht – Le Réveil bernois, volume 36, numéro 218, 17 septembre 1928).

1930 Clara est alors mère de deux enfants, mais perd son mari cette année-là, décédé d’une tuberculose.

Elle signe ses œuvres « CVE » et vit désormais pleinement de sa passion artistique. Elle parcourt en voiture les environs, proches et lointains, de la Haute-Argovie bernoise à la recherche de motifs qu’elle traduira en peinture, seule ou avec des amies peintres. Elle entreprends également de longs voyages en Bretagne française, sur l’île d’Ischia dans la baie de Naples, en Italie, mais se rend aussi en Égypte et en Tunisie. Outre des carnets de croquis bien remplis, elle réalise surtout des esquisses, des dessins et des aquarelles au cours des années suivantes.

1930 Lors de l’exposition de Noël du Werkbund suisse (équivalent suisse alémanique de L’Œuvre, association de promotion et de défense d’un art suisse)  au Musée des arts décoratifs de Zurich, « les vases et les coupes » de Clara Vogelsang-Eymann sont qualifiées de « sympathiques » (Neue Zürcher Zeitung– La gazette zurichoise, numéro 2350, 3 décembre 1930 édition 03).

1940 Elle vend des céramiques lors de l’exposition de Noël du groupe local zurichois du Werkbund suisse (équivalent suisse alémanique de L’Œuvre, association de promotion et de défense d’un art suisse)  aux côtés d’Amata Good, Fritz Haussmann, Margrit Linck-Daepp, Meister & Cie, Luise Meyer-Strasser, Hanna Nencki et Berta Tappolet (Das Werk : Architektur und Kunst – L’œuvre : architecture et art, 27, 1940, XXIV).

1955 Elle participe à une exposition d’arts appliqués présentant des femmes peintres, sculpteurs et artisans suisses au Strau-Hoff (Maison de paille) à Zurich avec des « coupes et des assiettes finement peintes » (Neue Zürcher Zeitung – La gazette zurichoise, numéro 3381, 8 décembre 1955).

Elle tenait sa maison de Zurich toujours ouverte pour les amis et amies d’artistes ainsi que pour ses connaissances du monde entier, jouant alors son rôle d’hôtesse de manière chaleureuse et vigilante jusqu’à sa mort en 1984.

Source: Katalog zur Sonderausstellung «Frauenpower – Starke Frauen
aus dem Oberaargau» (2015/16) im Museum Langenthal; Anna Stuby.