Museen Kanton Neuenburg

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Unser tiefster Dank gilt auch den Verantwortlichen der zahlreichen Institutionen und ihren Mitarbeitenden, die uns Zugang zu ihren Sammlungen gewährten. Sie alle haben uns mit beispielloser Offenheit und Grosszügigkeit empfangen.

Für den Kanton Neuenburg (CERAMICA CH, Band I):

Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel: Caroline Junier, ehemalige Konservatorin des Département des arts appliqués, Philippe Lüscher, Konservator des Département des arts appliqués, Claude-Alain Künzi, ehemaliger Assistent des Konservators; Musée d’ethnographie de Neuchâtel: Marc-Olivier Gonseth, ehemaliger Konservator, und Bernard Knodel, Stellvertretender Konservator; Laténium, Hauterive: Marc-Antoine Kaeser, Konservator, und Corinne Ramseyer, Wissenschaftliche Mitarbeiterin; Château et Musée de Valangin: Françoise Borel, ehemalige Konservatorin, Camille Jéquier, Konservatorin; Musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds: Sylviane Musy, ehemalige Konservatorin, Francesco Garufo, Konservator; Musée des beaux arts de La Chaux-de-Fonds: Lada Umstätter, ehemalige Konservatorin; Musée paysan et artisanal de La Chaux-de-Fonds: Diane Skartsounis, Konservatorin; Collections d’arts industriels de l’École d’arts appliqués de La Chaux-de-Fonds: Catherine Corthésy, Konservatorin; Musée d’histoire et Moulins souterrains du Locle: Caroline Calame, Konservatorin; Musée régional de La Sagne: Laurent Huguenin, Konservator, und Roger Vuille; Musée régional du Val-de-Travers, Môtiers: Laurence Vaucher, ehemalige Konservatorin, und Louison Bühlmann, Konservatorin.
Roland Blaettler 2013

Les autres collections du canton de Neuchâtel

Roland Blaettler, Peter Ducret, Rudolf Schnyder 2013

 Hors du chef-lieu, la céramique est présente dans tous les musées du canton qui ont pour vocation de conserver des artefacts, même si cette présence n’y est de loin pas aussi massive et structurée qu’au MAHN et au MEN. Exception faite des Collections d’arts industriels de l’École d’arts appliqués de La Chaux-de-Fonds (EAA) et peutêtre dans une certaine mesure du Musée régional d’histoire et d’artisanat du Val-de-Travers (MRVT), la céramique n’y a jamais fait l’objet d’une politique d’acquisition ciblée.

Au Musée d’histoire (MHLCF) et au Musée paysan et artisanal de La Chaux-de-Fonds (MPA), tout comme au Musée régional de La Sagne (MLS), au Château et Musée de Valangin (Valangin) ou aux Musée d’histoire et Moulins souterrains du Locle (MHLo), les objets conservés rendent compte avant tout de la vie quotidienne des habitants, au gré des dons consentis par la population ou des achats ponctuels effectués auprès d’antiquaires de la région.

En milieu urbain, à La Chaux-de-Fonds notamment, la céramique d’usage relevait surtout de la faïence fine (de la manufacture allemande de Zell, par exemple) ou de la faïence de l’Est de la France. En milieu rural, les céramiques les plus répandues concernent évidemment le domaine de la terre cuite, où l’on pouvait d’ailleurs s’attendre à rencontrer des témoignages de productions locales. Notre quête à cet égard est restée sans grand résultat. Par définition, la poterie d’usage s’use, ou plutôt se casse ! Souvent peu ambitieuse d’un point de vue esthétique, elle ne suscita que très rarement un réflexe conservatoire. Les terres cuites conservées au Musée paysan (MPA) et au Musée régional du Val-de-Travers (MRVT), par exemple, sont relativement tardives et tendent à prouver que dès le tournant du XXe siècle, on «importa» de la céramique utilitaire en provenance de la région de Heimberg/Steffisbourg, ou encore de la poterie Knecht à Colovrex GE (MRVT No 68 ; MRVT BR 4 ; MRVT BR 4a ; MRVT No 67 ; MPA 914 ; MPA Bv 4 ; MPA Bv 15 ; MPA Bv 12 ; MPA Bv 5 ; MPA Bc 32 ; MPA Bv 19 ; MLS 240037 ; MRVT No 99).

Dans le Val-de-Travers, nous avons rencontré des pots cylindriques munis d’un couvercle et revêtus d’un engobe beige sous glaçure sans le moindre décor, des récipients destinés à la conservation des aliments et que l’on nomme «toupines» dans le canton de Genève. Si l’on en croit une mauvaise photographie datant des années 1940, il n’est pas exclu que ce type d’objets proviennent de la poterie des Champs Girard près de Couvet. Pour autant que nous puissions en juger, ces objets ressemblent tellement à ce qui sortait à la même époque de la poterie de Colovrex, que nous ne sommes pas en mesure de trancher.

Parmi les découvertes notables que nous ont réservées les collections neuchâteloises figure un groupe d’objets pour lesquels nous ne connaissons pas d’équivalents dans aucune autre contrée du pays, du moins à ce jour. Il s’agit de quatre braséros en terre cuite glaçurée, communément appelés «covets» en terre neuchâteloise. Quatre exemples manifestement issus d’un seul et même atelier, probablement dans le premier tiers du XIXe siècle. L’un est conservé au Château de Valangin, un autre au Musée régional du Val-de-Travers à Môtiers et deux spécimens se trouvent au Musée régional de La Sagne (MLS 270307 ; Valangin No 5 ; MRVT No98 ; MLS 270308). Les registres muséaux ne nous livrent aucune précision utile quant à leur provenance, même si la tradition locale veut que ces «covets», comme on les désigne dans le parler régional, soient originaires de Couvet. Selon une interprétation encore largement répandue mais sérieusement mise en doute par les linguistes, le toponyme serait même dérivé du nom «covet», à telle enseigne que les anciennes armoiries de Couvet, adoptées en 1890, comportaient trois braséros enflammés. Le toponyme – sous sa forme la plus archaïque de Covès – est attesté dès le XIVe siècle, «bien avant qu’on pût y fabriquer des covets», comme le relève justement William Pierrehumbert (Pierrehumbert 1926, 155). Il ne fait pas de doute que le territoire de Couvet ait abrité l’une des plus grandes concentrations de potiers du canton aux XVIIIe et XIXe siècles: on en comptera dix-sept en 1817 (Montandon 1921, 219). Mais comme le constatait Léon Montandon en 1921 déjà, rien ne permet d’affirmer qu’ils aient fabriqué des «covets». Une origine possible pourrait être Bonfol, dans le Jura, un centre de production réputé loin à la ronde pour ses poteries résistantes au feu, au moins depuis le XVIIe siècle. En 1809, Bonfol comptait une trentaine de potiers qui écoulaient leurs marchandises dans les foires des Franches-Montagnes, de La Chaux-de-Fonds ou de Neuchâtel, sans parler de la Suisse alémanique (Amweg 1941, 344–347). Pour notre part, nous sommes tentés de rapprocher ces derniers de la production de Bonfol (JU), connue de tout temps pour ses qualités de résistance au feu et largement diffusée sur le territoire helvétique, notamment sur les marchés de Neuchâtel et de La Chaux-de-Fonds. D’un point de vue technologique, voire stylistique, ces objets pourraient s’insérer dans la production de Bonfol (Babey 2003 ; Babey 2016). Le problème réside dans le fait qu’aucun objet de ce type n’a pu être localisé à ce jour en Ajoie ou dans le reste du Jura, fût-ce dans des collections ou parmi des objets de fouille (Communication d’Ursule Babey).