Heimberg BE, Schmalz, Cäsar Adolf (1887–1966)

Roland Blaettler 2019

Cäsar Adolf Schmalz (1887-1966) naquit à Staldendorf (commune de Konolfingen BE) au sein d’une famille qui comptera pas moins de quatorze enfants. Après des études secondaires, il fit un apprentissage de dessinateur dans l’atelier de dessin dirigé par le peintre Paul Wyss (1875-1952) au Musée cantonal d’art appliqué de Berne. Wyss occupait également la fonction de maître principal à l’école de poterie de Steffisburg, où il enseignait le dessin et le modelage; c’est sous son influence que le jeune homme s’initia également à la poterie, notamment au tournage, dans des ateliers de la région de Heimberg (Messerli 2017, 73–79; Marti et Straubhaar 2017, 9).

Très vite, il pratiquera l’aquarelle et le modelage céramique. Son talent lui vaudra de décrocher une bourse de l’État de Berne, qui lui permettra d’entreprendre un voyage d’étude en 1907 qui allait le conduire en Espagne – où il modela quelques figurines pour une manufacture de porcelaine – en Provence puis à Paris. Grâce à un prolongement de sa bourse, il passera une année dans la Ville Lumière, où il entra en contact avec le fameux céramiste Édouard Achille Lachenal, alias Edmond Lachenal (1855-1948), qui l’emploiera dans son atelier de Châtillon-sous-Bagneux. Lachenal lui confiera, entre autres, la conception et l’exécution d’un médaillon en bas-relief de Victor Hugo, commandé par Auguste Rodin lui-même (Marti et Straubhaar 2017, fig. p. 27).

De retour au pays, il travailla dans les ateliers de Steffisburg, décorant de la vaisselle et modelant des figurines. Ses réalisations lui vaudront plusieurs distinctions dans des concours. En 1921, Schmalz fit l’acquisition du «Rebeli», un modeste domaine agricole sis sur la commune de Heimberg, où il pourra enfin installer son propre atelier de poterie. Toute sa vie durant, il mènera de front son travail de paysan et ses activités de potier, de peintre et d’artiste plasticien.

Schmalz exposa plusieurs sculptures céramiques figurant des sujets de genre tirés de la vie rurale dans le cadre de la 1ère Exposition nationale d’art appliqué organisée par L’Œuvre dans la halle du Comptoir suisse à Lausanne en 1922 (cat. p. 47, No 210-213). L’année suivante, le public vaudois eut l’occasion de revoir des céramiques de Schmalz, dans le cadre de la seconde Exposition des beaux-arts organisée par la Société de développement de Montreux dans les salons du Kursaal, du 25 mars au 8 avril; l’événement était consacré en l’occurrence aux scènes artistiques alémanique et tessinoise (Feuille d’avis de Vevey du 21 mars 1923, 6 – Tribune de Lausanne du 4 avril, 3). C’est peut-être à l’occasion de cette exposition que la Confédération fit l’acquisition d’une statuette qui sera déposée au Musée d’art industriel de Lausanne (MHL AA.MI.1644).

En 1931, Cäsar Adolf Schmalz accepta un poste d’enseignant à l´École suisse de céramique de Chavannes-près-Renens. Le directeur de l’établissement le mentionne dans son discours de promotions en 1931 (Feuille d’avis de Lausanne du 4 avril 1931, 24). Comme le céramiste le relève lui-même, «La place est bien rétribuée et, pour une fois, les soucis d’argent s’estompent» (Marti et Straubhaar 2017, 13). Mais la fonction était trop prenante et ne lui laissait plus guère de temps pour ses propres créations: l’expérience sera donc relativement limitée dans le temps. Les renseignements fournis par Schmalz lui-même quant à la durée de son engagement à Chavannes sont contradictoires: une fois il parle de «deux ans», ailleurs il est question de «trois ans» (Marti et Straubhaar 2017, 10 et 13). Le fait que son nom apparaît à la rubrique de l’école dans l’Indicateur vaudois pour la seule année 1932 (avec le prénom de Fritz !), laisse supposer qu’il fut engagé dans le courant de 1931 et qu’il démissionna au plus tard pour la fin de l’année 1932.

La créativité, souvent enjouée, de Cäsar Adolf Schmalz s’exprimera dans des registres aussi variés que la peinture, l’aquarelle, l’illustration, la mosaïque, la fresque et, bien sûr, la céramique. Dans ce dernier médium, il privilégia la technique traditionnelle de Heimberg, la terre cuite engobée et glaçurée. Dans un style tantôt historiciste tantôt moderniste, mais toujours haut en couleurs, il confectionna de nombreuses œuvres de commande, des objets commémoratifs et des prix pour les sociétés de tir ou de chant, des objets ornés d’armoiries familiales pour les particuliers. Ses figurines à l’effigie de personnalités éminentes de l’histoire bernoise seront très populaires et donneront lieu à des tirages multiples, grâce à sa maîtrise du moulage (HMO 8342).

Un objet inédit trouvé dans les collections du Musée historique d’Olten (SO) prouve que Schmalz fournit au moins un modèle à la Manufacture de porcelaine de Langenthal, vers 1920 (HMO 7179).

Le site Internet donne un large aperçu visuel du travail de l’artiste dans les différentes disciplines qu’il a pratiquées.

Sources

La presse vaudoise, consultée sur le site Scriptorium de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne.

Bibliographie

Amstutz 1931
Ulrich Amstutz, Der Plastiker Adolf Schmalz in Heimberg bei Thun, in: Historischer Kalender oder der Hinkende Bot 204, Bern 1931.

Blaettler/Schnyder 2014
Roland Blaettler/Rudolf Schnyder, CERAMICA CH II: Solothurn (Nationales Inventar der Keramik in den öffentlichen Sammlungen der Schweiz, 1500-1950), Sulgen 2014, 368.

FA 1966
FA, † Cäsar Adolf Schmalz. Der Bund, Abendausgabe 468, 30.11.1966, 4.

Marti/Straubhaar 2017
Erich Marti/Beat Straubhaar, C.A. Schmalz 1887-1966. Leben und Werk mit Pinsel, Stift und Lehm, Heimberg 2017.

Messerli 2017
Christoph Messerli, 100 Jahre Berner Keramik von der Thuner Majolika bis zum künstlerischen Werk von Margrit Linck-Daepp (1987-1983). Hochschulschrift (Datenträger CD-ROM), Bern 2017.