Heimberg-Steffisbourg, canton de Berne, Wanzenried, Johann, manufacture (1878-1918)

Bâtiment de l’ancienne manufacture Wanzenried à l’époque de Loder & Schweizer (1919-1925).

Céramiques de la manufacture Wanzenried dans CERAMICA CH

Informations sur la « majolique de Thoune »

Andreas Heege, 2022

L’histoire de la manufacture de Wanzenried et de la majolique de Thoune

À la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, la région de Heimberg/Steffisbourg était le principal centre de poterie du canton de Berne. Sur la route reliant Berne à Thoune, dans l’ancien district administratif de Thoune, on comptait vers 1850, avec les localités voisines au sein du district de Konolfingen, telles que Jaberg, Kiesen, Oppligen, Diessbach, Wichtrach et Münsingen, jusqu’à 80 ateliers de poterie à certaines périodes (Werder 1962). Heimberg comptait à lui seul, en 1764, 234 habitants répartis dans 47 foyers. Steffisbourg, localité directement voisine de Heimberg, comptait 924 habitants répartis dans 184 foyers. Jusqu’en 1856, le nombre de foyers à Heimberg seul passa à 234 pour 1’217 habitants. En 1880, Heimberg comptait 1 149 habitants et Steffisbourg 3 898 (Buchs 1969, p. 31 ; Buchs 1988, note 9 ; Buchs 1995, pp. 36-38 ; Schwab 1921, p. 103. Les chiffres publiés ne concordent pas toujours).

Les potiers de Heimberg, qui traversaient une crise économique vers 1850/1870, constituaient néanmoins le socle du savoir-faire local indispensable sur lequel allait se développer, au cours du dernier tiers du XIXe siècle, la production d’une céramique tout à fait particulière, inhabituelle et très appréciée, connue sous le nom de « majolique de Thoune ». La majolique de Thoune ne peut donc être comprise que si l’on jette d’abord un regard sur la céramique de Heimberg, ses recherches et son évolution.

En 1991, Barbara Messerli-Bolliger a rendu compte en détail du prétendu « déclin » stylistique et qualitatif de la céramique de Heimberg, notamment lorsqu’on la comparait, au milieu du XIXe siècle, aux produits manufacturés contemporains présentés lors des expositions nationales et universelles. Seuls quelques potiers innovants et ouverts d’esprit de la région de Heimberg/Steffisbourg faisaient exception à cette tendance. Les multiples tentatives visant à contrer cette tendance, que ce soit par le biais d’écoles de dessin et de céramique ou d’écoles professionnelles, ou encore par l’introduction de nouveaux décors et de nouvelles formes de céramiques jugées plus modernes, se sont d’abord révélées peu fructueuses pour la plupart des potiers de Heimberg (Messerli-Bolliger 1991, 43–78). Néanmoins, diverses institutions et des particuliers se sont efforcés, par l’introduction d’une « céramique artistique », d’améliorer l’aspect artisanal de ce métier. C’est dans ce contexte qu’il faut également situer le développement et la production de la majolique de Thoune. Celle-ci, en raison de sa qualité artisanale et artistique, surtout par rapport à l’ancienne production de Heimberg du début du XIXe siècle (« produits issus d’une véritable culture de ce temps-là »), a très tôt fait l’objet d’une vive controverse injustifiée de la part des spécialistes du patrimoine et des représentants du mouvement du style patriotique suisse (« Les années 1880 ont apporté ce qu’il y a de plus hideux en matière de forme, de couleur et de décor » : Hoffmann-Krayer 1914, 100 ; De Praetere 1907 ; cf. également Messerli Bolliger 1991, 70).

Il est impossible de déterminer avec certitude à quelle époque l’influence « extérieure » – issue des arts décoratifs – a commencé à se faire sentir sur les potiers de Heimberg/Steffisbourg. L’archiviste municipal de Thoune, Huber (Huber 1906, 278), est le seul à avoir rapporté, dans un article de journal de 1906, l’histoire suivante, qui n’a à ce jour pas été corroborée par d’autres sources :

« Dans les années 1860, un antiquaire parisien, Boban, a porté son attention sur cette production [céramiques de Heimberg/Steffisbourg, note de l’auteur] et a acheté d’anciennes pièces. Il les a facilement écoulées et a alors incité les potiers Wyttenbach et Küenzi à travailler et à produire des céramiques d’après des anciens dessins. Cette céramique de luxe, commandée et exportée vers Paris, fut qualifiée [par les germanophones, note du traducteur] de « Pariser Geschirr – céramique parisienne », une appellation qui est restée jusqu’à aujourd’hui pour désigner les pièces aux décorations les plus raffinées. »

L’antiquaire parisien pourrait être le « tristement célèbre » antiquaire Eugène Boban (1834-1908), qui faisait principalement le commerce d’antiquités d’Amérique latine et à qui l’on attribue aujourd’hui la fabrication des « crânes de cristal » falsifiés (sur la personne de Boban et ses activités : Riviale 2001 ; Mac Laren Walsh 2008 ; MacLaren Walsh/Hunt 2013). Nous ne savons pas pour l’instant si ces commandes de céramiques ont effectivement été passées dans les années 1860, période durant laquelle Boban séjournait souvent au Mexique, ou seulement après l’ouverture de sa boutique à Paris, vers 1870.

Comme Huber nous le rapporte en 1906 d’après les récits des habitants de Heimberg, la demande qui ne cessait alors de croitre pour cette « céramique parisienne », incita le marchand de vaisselle de Thoune, Friedrich Wunderlich, à donner durant l’hiver 1873-1874 une impulsion décisive auprès des potiers de Heimberg, pour les inciter à des changements de style et de forme plus fondamentaux, qui devaient conduire, à partir de la fin des années 1870, au développement de ce qu’on appelle la « majolique de Thoune ». Il fournit aux potiers de Heimberg, Eyer et Tschanz, des dessins de «vases grecs» comme nouveaux modèles de forme, que ceux-ci firent toutefois décorer de manière plutôt traditionnelle par leurs finisseuses (peintres femmes sur céramiques), avec un engobe de fond brun-noir (Huber 1906, 278 ; Buchs 1988, 33).

Les nouveaux décors et créations de céramiques de l’ingénieur allemand Franz Keller-Leuzinger (1835-1890) ont apparemment également eu une influence significative, non sans susciter cependant quelques controverses. Franz Keller-Leuzinger a séjourné brièvement à Heimberg entre 1874 et 1876. Divers potiers (notamment Samuel Mürner, Eduard Berger et Gottfried Tschanz) ont produit des pièces d’après ses modèles de formes et de décors . Ces céramiques, que Keller-Leuzinger exposa ensuite sous son nom, lui valurent une médaille à l’Exposition des arts décoratifs de Munich en 1876. C’est apparemment pour cette raison qu’il fut la cible d’une hostilité considérable à Heimberg (Jaennicke 1879, 833 ; Gmelin 1891). De même, lors de l’Exposition universelle de Paris en 1878, à laquelle les potiers de Heimberg Christian Eyer, Benedikt Künzi et J. Schenk-Trachsel avaient participé avec un immense succès en présentant leurs produits, divers modèles non signés de Keller-Leuzinger auraient été exposés (Huber 1906, 297 ; concernant la controverse autour de Keller Leuzinger, cf. Messerli Bolliger 1991, 53–57 ; pièces conservées : V&A Inv. 712-1878 à 717-1878 ainsi que 736-1878 et 737-1878). Une poterie Glatz de Villingen, en Forêt-Noire, a également fabriqué pour Keller-Leuzinger des céramiques très proches de la majolique de Thoune (Gmelin 1891, 24 ; Mehlstäubler 2021). Parmi les pièces exposées à Paris en 1878 figuraient pour la première fois des pièces arborant le « motif aux hiboux », qui allait prendre une importance considérable par la suite. Ce motif est parfois appelé motif « Vieux-Thoune » (V&A Inv. 736-1878. Voir également : Heege/Kistler 2017, 489–500, fig. 168). Ce motif a été développé dans les années 1860 à partir de décors floraux locaux de Heimberg, mais nous ne savons pas qui a participé à cette réinterprétation. Il a été produit jusqu’à la fin du XXe siècle par de nombreuses poteries artisanales et par toutes les manufactures de la région, et ne peut être attribué à des poteries ou à des fabricants spécifiques qu’à partir de pièces signées.

À partir de 1878, la manufacture nouvellement fondée par Johann Wanzenried (Buchs 1980 ; Messerli Bolliger 1991, 69–74) à Steffisbourg s’est apparemment inspirée des modèles de formes et de décors existants, influencés par des motifs grecs, étrusques et orientaux, et les a complétés au cours des années suivantes par des design provenant principalement de l’architecte et professeur d’arts décoratifs Leopold Gmelin (1847–1916) à l’École des arts décoratifs de Munich (Kunstgewerbeschule München), petit-fils du célèbre chimiste éponyme Leopold Gmelin (1788–1853), de l’héraldiste Christian Bühler (1825–1898), l’un des plus grands maîtres de l’art héraldique du XIXe siècle, conservateur de la collection publique d’art de Berne (Kunstmuseum Bern) de 1854 à 1880, du peintre et dessinateur Rolf Münger (1862–1929), très actif dans le mouvement du Heimatschutz (protection du patrimoine) bernois, qu’il dirige de 1908 à 1918. docteur honoris causa en 1924 de l’Université de Berne, de l’enseignant aux arts et métiers de Berne, Paul Wyss (1875–1952) et du plus grand peintre-céramiste et dessinateur de la manufacture, Friedrich Ernst Frank (1862–1920).

Arbre généalogique de la famille Wanzenried PDF (verw. -> veuve, Lehrer -> maître d’école, Pfarrer -> pasteur, Glättemüller -> fabricant d’émaux broyés, Hafner -> potier)

Ce sont surtout les produits de cette manufacture, dont la production était régulièrement confiée à d’autres potiers, que nous associons aujourd’hui au terme « majolique de Thoune ». Lors de l’Exposition nationale de Zurich en 1883, la manufacture Wanzenried était très bien représentée aux côtés du négociant en céramique Schoch-Laederach, qui opérait également sous le nom de « Musée Céramique » (Messerli Bolliger 1991, pl. 17). Elle a par ailleurs participé à une exposition collective des architectes Chiodera & Tschudy ainsi qu’à la « Arbeitsgalerie – Galerie des Œuvres » aux côtés de l’antiquaire de Thoune Samuel Born Straub (1845-1914) et de l’atelier et grossiste basé à Heimberg, Krebser & Cie.

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Catalogue officiel de l’Exposition nationale suisse de Zurich de 1883.

Exposition de Zurich, 1883 (photo : Bibliothèque de l’ETH, Zurich).

Exceptionnelle assiette réalisée pour l’Exposition régionale de 1883, signée par Friedrich Ernst Frank. Collection privée, Suisse.

L’Exposition nationale de 1883 a accueilli 1 698 756 visiteurs entre le 1er mai et le 30 septembre (Journal officiel de l’exposition n° 38, 10 octobre 1883, p. 356) et a remporté un franc succès, ce qui a sans doute contribué de manière significative au redressement économique de la manufacture.

Au cours des 20 années qui suivirent, la manufacture Wanzenried connut un grand succès sous la direction de Maria Luise Wanzenried-Ingold (1849-1929) (Buchs 1980).

En 1898, la manufacture Wanzenried participa à l’exposition de Noël consacrée aux arts décoratifs au Musée cantonal des arts et métiers de Berne. Le « Geschäftsblatt für den obern Teil des Kantons Bern  – Journal économique de la partie nord du canton de Berne » (n° 45, n° 12, 21 décembre 1898) rapportait : « La société Wanzenried de Thoune expose une imitation particulièrement réussie des anciennes céramiques de Langnau, qui mérite toute notre attention, ainsi que des vases d’après les dessins du professeur Gmelin de Munich et des assiettes aux armoiries d’une excellente exécution artistique. »

1899 Participation à la Ire Exposition cantonale bernoise de l’industrie et de l’artisanat à Thoune (1er juin – 15 octobre 1899). Le catalogue officiel de l’exposition contient une annonce publicitaire et mentionne :

Un « album » consacré à l’exposition montre le stand de la manufacture Wanzenried et, en arrière-plan, sans doute celui du Musée de la céramique de L. Hahn.

La manufacture Wanzenried a reçu un diplôme d’honneur pour la qualité de son exposition (Täglicher Anzeiger für Thun und das Berner OberlandJournal de Thoune et de l’Oberland bernois, 11 août et 19 août 1899). Traduction: L’industrie de la Majolique, dont le siège se trouve à Heimberg et à Thoune, a également brillé lors de l’exposition de Thoune. Cette industrie emploie une main-d’œuvre nombreuse. Non seulement elle apporte des sommes d’argent considérables à la région, mais elle éveille également, tant chez les industriels que chez les habitants, le sens de la beauté. L’État lui-même s’intéresse depuis longtemps à cette industrie, et une école de poterie devrait voir le jour dans un avenir proche. Bien entendu, les particuliers et les communes devront y contribuer. La célèbre entreprise J. Wanzenried, de Thoune, a reçu un diplôme d’honneur pour ses réalisations exposées. M. L. Hahn, de la « Fabrique et Musée Céramique » de Thoune, a également présenté une belle exposition, et une médaille d’or a récompensé son travail assidu. L’exposition collective de l’association industrielle Majoliques de Heimberg vaut également le détour. Elle a reçu la médaille d’argent. Les participants sont : Friz Frank Mäder, les frères Frank-Jenny, Friedrich Hänni Kratzer, Charles Loder-Eyer, Bendicht Loder-Walder, Jakob Reusser, Jakob Schenk, Gottfried Tchantz, Ernst Wittmeier, Eugen Roschach, Berne. L’ensemble de l’exposition de l’industrie de la Majolique plaira à tout le monde, car elle constitue l’un des principaux attraits de toute l’exposition et contribue certainement pour beaucoup à inciter notamment les Munichois, lors de l’aménagement confortable de leur propre foyer, à penser à cette industrie et à ses représentants. Trois jeunes filles sont toujours prêtes à fournir les explications nécessaires.

C’est sans doute en guise de remerciement que la manufacture Wanzenried a offert à ses employés une visite gratuite du salon professionnel (« Geschäftsblatt für den obern Teil des Kantons Bern – Journal économique de la partie nord du canton de Berne »  46, n° 73, 13 septembre 1899).

1903 Concours organisé par le Musée des arts et métiers (« Geschäftsblatt für den obern Teil des Kantons Bern  – Journal économique de la partie nord du canton de Berne », 1er avril 1903) portant sur la réalisation d’œuvres en terre cuite (majolique) : dix céramistes y ont participé et ont envoyé 80 objets. La manufacture Wanzenried et Karl Loder-Eyer ont remporté des prix. Le Musée céramique de L. Hahn n’a reçu qu’une mention d’honneur.

Catalogue d’échantillons de majoliquea de Thoune, manufacture de Wanzenried, vers 1880/1881 (© Museum der Kulturen de Bâle, VI 61773.01-61773.21)

Catalogue d’échantillons de majoliquea de Thoune, manufacture de Wanzenried, 1884 (© Archives municipales de Thoune, cote : 1/14S 1)

Catalogue d’échantillons de majolique de Thoune, manufacture de Wanzenried, après 1885 (SST 14701 ; 12695)

Liste de prix de la majolique de Thoune, manufacture de Wanzenried, après 1889 (collection privée, Suisse, photocopie)

Album de tirages photographiques de la majolique de Thoune, manufacture de Wanzenried, après 1891 (SST 14701)

L’essor spectaculaire de la majolique de Thoune, dû en grande partie aux touristes étrangers venant visiter les Alpes et aux ventes de ces majoliques en France, s’est progressivement essoufflé avant même le début de la Première Guerre mondiale. Maria Luise Wanzenried-Ingold (1849–1929), veuve de Johann Wanzenried (1847–1895), céda d’abord l’entreprise en 1911 à son gendre, l’instituteur Alfred Gertsch, qui la revendit en 1912 au commerçant Emil Lengacher, originaire d’Aeschi près de Spiez, à une vingtiane de km au sud de Heimberg (être Suisse c’est être « originaire » d’une commune de la Confédération helvétique, où des membres de sa famille, parfois très lointains, ont été « naturalisés ». La naturalisation en Suisse, consiste à recevoir un lieu d’origine. Ce lieu d’origine, aussi appelé «droit de cité», correspond à la commune où un citoyen a obtenu ce que certaines communes appellent « la bourgeoisie », qui n’a que de lointain rapport avec la bourgeoisie au sens de classe sociale ). Lorsque celui-ci décéda subitement en décembre 1914, la veuve Wanzenried reprit l’entreprise le 20 mai 1915 (FOSC – Feuille Officielle Suisse du Commerce 29, n° 206, 18 août 1911 ; FOSC 30, n° 140, 31 mai 1912 ; FOSC 30, n° 149, 13 juin 1912 ; FOSC 33, n° 199, 26 août 1915 ; FOSC 33, n° 252, 25 octobre 1915, ainsi que le registre foncier de Thoune, pièce II, 775 du 17 mars 1919). Elle avait sans doute besoin à cette époque d’un directeur général et d’un responsable de l’atelier de céramique expérimenté, qu’elle trouva en la personne d’Emil Loder (1890–1971), originaire de Steffisbourg. En ce qui concerne les trois années qui ont suivi cette reprise en 1915, nous ne disposons d’aucune information sur la manufacture Wanzenried en général, si sur sa production en particulier.

Nous apprenons que, le 11 décembre 1918, Adolf Schweizer (1893-1967) et Emil Loder (1890-1971) ont acquis conjointement l’immeuble abritant la manufacture auprès de la veuve Wanzenried pour la somme de 18 000 francs suisses et ont repris l’entreprise, avec ses avantages et ses inconvénients, le 2 avril 1919 (registre foncier de Thoune, pièce II, n° 775 du 17 mars 1919). La création de leur société en nom collectif Loder & Schweizer a été publiée dans la Feuille officielle suisse du commerce avec effet au 1er mars 1919 (FOSC 37, n° 59, 8 mars 1919). Adolf Schweizer avait auparavant été apprenti chez Wanzenried et était, au moment de l’achat, directeur général de la poterie d’art DESA à Steffisbourg.

La collaboration entre Adolf Schweizer et Emil Loder ne s’est apparemment pas déroulée sans heurts. Le Journal officiel du commerce a également fait état, en date du 17 juin 1925, de la dissolution de la société en nom collectif de Steffisbourg « Loder & Schweizer, Kunstkeramik – Poterie d’art », dont l’ensemble des actifs et passifs a été transféré à Adolf Schweizer au 1er mars 1925 (FOSC43, 1925, 1062. Voir également registre foncier de Thoune, pièces justificatives II, 7151).

Malgré l’énorme succès commercial de la majolique de Thoune et son caractère unique dans le paysage céramique suisse, aucune tentative n’a encore été faite à ce jour pour établir une documentation exhaustive sur les nombreuses céramiques conservées dans des musées et des collections privées. Nous n’avons pas non plus d’idée précise des formes et des décors des différents fabricants, ni des contributions des graphistes, dessinateurs et peintres cités qui ont fourni les dessins préparatoires. Les évolutions stylistiques entre l’artisanat céramique des années 1860 et la fin de la production manufacturière après la Première Guerre mondiale restent donc floues.

Traduction Pierres-Yves Tribolet

Bibliographie :

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Buchs 1988
Hermann Buchs, Vom Heimberger Geschirr zur Thuner Majolika, Thun 1988.

Buchs 1995
Hermann Buchs, Das Hafnergewerbe im Heimberg, in: Einwohnergemeinde Heimberg (Hrsg.), 850 Jahre Heimberg 1146-1996, Heimberg 1995, 50-60.

De Praetere 1907
Jules De Praetere, Schweizerische Volkskunst. Die Töpferei in Heimberg und Langnau, in: Heimatschutz. Zeitschrift der Schweizer. Vereinigung für Heimatschutz 1907, 1907, Heft 11, 81-85.

Gmelin 1891
Leopold Gmelin, Franz Keller-Leuzinger, Nekrolog, in: Zeitschrift des Bayerischen Kunstgewerbe-Vereins zu München, Monatshefte für die gesammte dekorative Kunst, 1891, 24-27.

Heege/Kistler 2017
Andreas Heege/Andreas Kistler, Poteries décorées de Suisse alémanique, 17e-19e siècles – Collections du Musée Ariana, Genève – Keramik der Deutschschweiz, 17.-19. Jahrhundert – Die Sammlung des Musée Ariana, Genf, Mailand 2017.

Hoffmann-Krayer 1914
Eduard Hoffmann-Krayer, Heimberger Keramik, in: Schweizerisches Archiv für Volkskunde 18, 1914, 94-100.

Huber 1906
Karl Huber, Thuner Majolika, in: Illustriertes Fremdenblatt von Thun und Umgebung, 1906, 258-259, 278-279, 294-296.

Jaennicke 1879
Friedrich Jaennicke, Grundriss der Keramik in Bezug auf das Kunstgewerbe, Stuttgart 1879.

Mac Laren Walsh 2008
Jane Mac Laren Walsh, Legend of the Crystal Skulls, in: Archaeology 61, 2008, 36-41.

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Jane MacLaren Walsh/David Hunt, The Fourth Skull: A Tale of Authenticity and Fraud, in: The Appendix, Illusions 1, 2013, Heft 2, 28-44.

Messerli Bolliger 1991
Barbara E. Messerli Bolliger, Der dekorative Entwurf in der Schweizer Keramik im 19. Jahrhundert, zwei Beispiele: Das Töpfereigebiet Heimberg-Steffisburg-Thun und die Tonwarenfabrik Ziegler in Schaffhausen, in: Keramik-Freunde der Schweiz, Mitteilungsblatt 106, 1991, 5-100.

Riviale 2001
Pascal Riviale, Eugène Boban ou les aventures d’un antiquaire au pays des américanistes, in: Journal de la Société des Americanistes 87, 2001, 351-362.

Schwab 1921
Fernand Schwab, Beitrag zur Geschichte der bernischen Geschirrindustrie (Schweizer Industrie- und Handelsstudien 7), Weinfelden/Konstanz 1921.

Werder 1962
Ernst Werder, Die Entwicklung des Gewerbes im Amt Konolfingen, in: Archiv des Historischen Vereins des Kantons Bern 46, 1962, Heft 2, 349-454.