Thoune, Fondation du château de Thoune (SST)

Fondation du château de Thoune
Schlossberg 1
CH-3600 Thun
Tel.: +41 (0)33 223 20 01
info@schlossthun.ch

Céramiques du Musée du château de Thoune dans CERAMICA CH

Andreas Heege, 2026

Le château actuel avec ses dépendances était à l’origine une place fortifiée. Au 13ème siècle, on y trouvait déjà le siège majestueux et imposant du seigneur, avec sa résidence, entouré de murailles. On connaît cette situation sur la base de recherches archéologiques qui ont eu lieu en 2013 à l’occasion d’une rénovation importante du Château (Baeriswyl 2016; Baeriswyl 2019; Baeriswyl/Kellenberger 2015; Raselli-Nydegger 2015). Après que les ducs de Zähringen eurent repris la forteresse, d’une manière qui, probablement, ne fut pas amicale, l’imposant donjon, qui est encore intact aujourd’hui, a été construit dans la place fortifiée sous Berchtold V de Zähringen (vers 1160 – 1218). Cependant, les Zähringen n’avaient pas l’intention de s’établir dans la place, car ils avaient construit leur résidence principale à Berthoud. Le but de cet imposant donjon à Thoune, étaient d’envoyer un signal de leur puissance et de leur domination sur toute la région et, en particulier, sur les axes de transports commerciaux qui la parcourait. La conception même du donjon ne convenait pas pour une résidence. Malgré sa hauteur de 14 mètres, le donjon n’avait qu’une seule pièce, que l’on nomme aujourd’hui la salle des chevaliers. En son temps, c’était une salle d’apparat imposante. Elle reste par ailleurs, de nos jours, une des salles d’apparat les mieux conservées du Haut Moyen Âge. Depuis le 13ème siècle, le château de Thoune et ses dépendances ont été le siège de la noblesse de la ville et ont été transformés à plusieurs reprises pour y accommoder les diverses fonctions qui leur ont été attribuées au cours du temps. Bien qu’il n’y ait pratiquement aucune preuve de travaux de construction entrepris par les comtes de Kyburg qui ont succédé aux Zähringen, on sait que de nombreuses modifications ont été effectuées pendant le long règne de la domination bernoise, et ce jusqu’en 2006. Parmi les dernières modifications importantes figurent celles pour y accommoder le tribunal régional. Par ailleurs, au moins depuis le 17ème siècle, il y avait une prison sous le toit du donjon, mais en 1886, le canton a construit une nouvelle prison régionale, accolées aux murailles du château.

Les premières tentatives infructueuses visant à créer un « musée des antiquités » et à constituer une collection archéologique et historique remontent déjà à 1865.

Annonce concernant la création d’un « musée des antiquités », Thuner Blatt – Journal de Thoune, 1er avril 1865

C’est à partir de ce moment-là qu’une intense activité de collecte a débuté, de sorte que, lors de sa création après 1887, le musée a également pu intégrer des collections plus anciennes provenant de la ville et de l’arsenal de Thoune (notamment certaines pièces du butin de Bourgogne – une tapisserie bourguignonne et deux antependiums – rapportés par les Thounois présents dans les rangs bernois lors de la célèbre bataille de Grandson contre Charles le Téméraire qui se déroula en 1476, et retrouvés par hasard dans un placard de l’Hôtel de ville de Thoune en 1883).

1887 : La collection historique s’agrandit !

Journal de Thoune et de l’Oberland bernois du 25 décembre 1887. On y lit : « Invitation – L’Association des habitants de Thoune a maintenant équipé ce qu’il est convenu d’appeler la salle des chevaliers du château de Thoune d’objets de valeur historique et artistique, qui ont été placés de manière agréable, et invite le public à visiter cette collection historique nouvellement fondée. Dans le même temps, une demande courtoise a récemment été exprimée pour que l’on s’intéresse aux réalisations patriotiques en exposant des objets qui y font référence, qu’il s’agisse de meubles anciens et d’objets domestiques, d’armes, de produits céramiques ainsi que de verres à boire, de bouteilles et de vitraux taillés et gravés. Inscription auprès du Conseil d’administration de L’Association des habitants de Thoune ».

Le musée a été ouvert dans le donjon le 1er janvier 1888 sans festivité particulière (sur l’histoire du musée : Keller 1938 ; Küffer 1987 ; Kelterborn 2012). Le 3 janvier 1888, le Journal de Thoune et de l’Oberland bernois commentait cette inauguration et dressait un portrait du musée nouvellement créé.

Déjà le 25 décembre 1887, c’est-à-dire avant l’inauguration du musée, le Journal de Thoune et de l’Oberland bernois appelait le public à s’intéresser aux réalisations patriotiques en exposant des objets qui y font référence, qu’il s’agisse de meubles anciens et d’objets domestiques, d’armes, de produits céramiques ainsi que de verres à boire, de bouteilles et de vitraux taillés et gravés, etc. Comme on peut le lire ci-dessus, dès le début, la céramique a été l’un des principaux centres d’intérêt de la collection du Musée du château de Thoune.

Vues tirées d’une série de cartes postales que le musée a commercialisées peu après sa création.

À partir du début du XXe siècle, d’importantes parties de la collection de céramiques ont été présentées, mises en scène dans des intérieurs, qu’on appelle, en allemand, des « Stuben », tels que la salle des majoliques ou la « Stube » du Simmental, vallée du canton de Berne.

Images tirées de l’exposition permanente mise en place par Herrmann Buchs entre 1959 et 2013 (photos SST : Fondation du château de Thoune).

À partir de 1959, une exposition permanente consacrée à la céramique bernoise et à la majolique de Thoune a été progressivement mise en place dans le sous-sol du donjon. À l’époque, il s’agissait de l’une des expositions les plus importantes consacrées à l’art de la poterie dans le canton de Berne. Malheureusement, l’exposition a été supprimée en 2013 dans le cadre d’une réorganisation de l’exposition permanente. La collection de céramiques de la Fondation du château de Thoune, d’une grande valeur culturelle et historique, est donc aujourd’hui stockée dans les entrepôts et n’est accessible que via CERAMICA CH (3082 objets quand même …).

À l’occasion de son 100e anniversaire, le musée du château a organisé en 1988 une exposition temporaire intitulée «Von der Röstiplatte zum Salongeschirr –  Du plat à rösti à la vaisselle chic ».

C’est à cette occasion qu’a été publiée l’ouvrage de Hermann Buchs, qui reste aujourd’hui encore une référence, consacré à la majolique de Thoune et à ses racines à Heimberg (Buchs 1988).

En 1994, l’association « Schlossmuseum Thun – Musée du Château de Thoune », le canton de Berne et la commune de Thoune ont créé la fondation « Schlossmuseum Thun – Musée du Château de Thoune ». En septembre 2013, la fondation s’est donné le nom de « Stiftung Schloss Thun – das Museumsschloss  – Fondation du château de Thoune – le château-musée ».

Après 800 ans de propriété publique, un changement radical s’est opéré en 2010 sur la colline du Château. La ville de Thoune a cédé, en droit de superficie, les biens immobiliers de l’ancien site du château, à l’exception de l’imposant donjon. Mi-2014, un centre de conférences et de formation, ainsi qu’un hôtel et un restaurant, ont ouvert leurs portes. Le musée s’est doté d’un nouvel espace d’accueil et d’une salle d’exposition supplémentaire ; à l’occasion du 130e anniversaire du musée, une nouvelle exposition permanente a été conçue et inaugurée en 2018 (le texte est disponible depuis le site Internet du musée du château de Thoune).

2017 Dans le cadre de l’exposition temporaire « Edelweiss et idylle alpine – Souvenirs céramiques de la Belle Époque fabriquées à Thoune », la majolique de Thoune a pu briller à nouveau pendant une courte période.

De janvier 2023 à septembre 2025, l’ensemble de la collection de céramiques de la Fondation du château de Thoune a été inventorié en collaboration avec l’Inventaire national suisse de la céramique CERAMICA CH. Cette période se caractérise également par d’importantes et nombreuses acquisitions.

Entre 2024 et 2025, le musée du château a présenté une petite partie de ses nouveaux « trésors » dans le cadre de l’exposition temporaire « Aus Grossmutters Küchenschrank – Bewahrte Schätze – Einblicke in die Keramiksammlung der Stiftung Schloss Thun – Du placard de cuisine de la grand-mère aux trésors préservés – Aperçu de la collection des céramiques de la Fondation du château de Thoune ».

À propos de la collection

Aux côtés du Musée historique de Berne, de l’Association de la salle des chevaliers de Berthoud, du Musée de l’ancienne poterie de Heimberg et du Musée régional de Langnau, le musée de la Fondation du château de Thoune est le cinquième musée régional bernois particulièrement important en ce qui concerne l’histoire de la céramique du canton de Berne et de la Suisse alémanique.

Depuis la création du musée, la collection de céramiques et l’étude de la fabrication de la céramique dans la région comptent parmi les axes prioritaires de son activité (Buchs 1961, 1970, 1980, 1988, 1995). De nombreux dons et acquisitions ont permis à la collection de céramiques répertoriée de s’enrichir pour atteindre 3 082 objets (au 27 août 2025). Aujourd’hui, la Fondation du château de Thoune conserve la deuxième plus grande collection de céramiques du canton et certainement la plus importante collection au monde consacrée à la « majolique de Thoune ». Il s’agit d’une collection d’importance nationale qui, via CERAMICA CH, est désormais consultable dans son intégralité pour la première fois. Ce fonds est complété par des croquis inédits de la manufacture Wanzenried, de la poterie d’art Desa et de la manufacture  Loder&Schweizer, ainsi que par des photos, des listes de prix, respectivement des catalogues d’échantillons.

Assiette de Langnau présente dans la collection de la Fondation du château de Thoune. Atelier de Daniel Herrmann (1736-1798), Langnau, datée 1781. On y lit la devise suivante : « Da die Demut weint und Hochmut lacht, allda ward der Schweizer Bund gemacht, und 3 Orth den Anfang gemacht – Ici l’humilité pleure et la fierté rit, ici la Confédération suisse a été faite, et le début des 3 communautés ». Elle représente le serment du Grütli. mythe fondateur de la Suisse de caractère légendaire. Cependant, le serment d’alliance perpétuelle de 1291 (ou une date proche comme 1307 selon les dernières études) entre les communautés d’Uri, de Schwytz et d’Unterwald est pour sa part est historique.

Compte tenu du nombre important d’objets dans les catégories de la terre cuite (poterie), de la faïence, de la faïence fine et de la porcelaine, nous ne donnerons ci-après qu’un bref aperçu.

Irdenware

Poterie en terre cuite

Avec 2 643 pièces répertoriées, la poterie en terre cuite représente la plus grande partie de la collection du musée. Cela s’explique d’une part par la région de production et, d’autre part, par l’histoire de la collection et ses axes thématiques prioritaires.

Céramiques de la région de Heimberg-Steffisbourg.

Le musée, qui met particulièrement l’accent sur la région bernoise, collectionne principalement des objets provenant de la région de Heimberg-Steffisbourg, datant du dix-huitième au vingtième siècle.

Emblème de la caisse d’assurance maladie des compagnons potiers, Heimberg, Suisse, canton de Berne, vers 1880-1890 (SST-02531)

Parmi ces objets figure également ce que l’on appelle « l’emblème de la caisse d’assurance maladie des compagnons potiers » de Heimberg, qui représente un potier devant son tour. Cet emblème a rejoint le musée du château de Thoune après que la caisse d’assurance maladie des potiers eut été reprise par celle de l’arrondissement de Konolfingen (1er janvier 1962), un village à une quinzaine de km au nord de Thoune. Les intermédiaires étaient le dernier président de la caisse d’assurance maladie, Otto Grimm, originaire de Schwäbis, un quartier de Steffisbourg, actuellement dans l’agglomération de Thoune ( être Suisse c’est être « originaire » d’une commune de la Confédération helvétique, où des membres de sa famille, parfois très lointains, ont été « naturalisés ». La naturalisation en Suisse, consiste à recevoir un lieu d’origine. Ce lieu d’origine, aussi appelé «droit de cité», correspond à la commune où un citoyen a obtenu ce que certaines communes appellent « la bourgeoisie », qui n’a que de lointain rapport avec la bourgeoisie au sens de classe sociale), et Karl Berger, originaire de Heimberg, village contigu à Steffisbourg. La caisse d’assurance maladie des compagnons potiers a été fondée le 23 janvier 1808 par 19 compagnons potiers et a existé sous le nom de « Allgemeine Kranken- und Hilfskasse Heimberg  – Caisse générale d’assurance maladie et d’entraide de Heimberg  » jusqu’à la fin de l’année 1961 (Geschäftsblatt für den obern Teil des Kantons Bern – Journal économique de la partie nord du canton de Berne, tome 105, numéro 8, 20 janvier 1958 et Thuner Tagblatt – Journal de Thoune, tome 86, numéro 19, 24 janvier 1962). Les listes des membres de la caisse d’assurance maladie, dont Fernand Schwab disposait en 1921 pour ses recherches historiques, se trouvent aujourd’hui aux archives communales de Heimberg.

Majolique de Thoune de la première période, vers 1878-1883, céramiques présentées à l’Exposition universelle de Paris, de 1878, souvent marquée du sigle du commissionnaire Johann Heinrich Schoch-Läderach, qui représentait les trois potiers exposants à Paris. On ignore à quelle date exacte ces pièces ont été fabriquées et pendant combien de temps Schoch-Läderach a fait apposer ce sigle (références : SST-05185, SST-14631, SST-14178).

Le principal axe de la collection est la « majolique de Thoune », qui couvre la période allant de 1870 à 1914 environ. Elle a connu son premier grand succès lors de l’Exposition universelle de Paris en 1878.

Majoliques de Thoune présentées par le «  Musée de la céramique », probablement pour l’essentiel après 1890. La marque du « Musée de la céramique » n’a été introduite qu’en 1890, sous la direction de Samuel Mack, qui avait succédé à Schoch-Läderach. La diversité des marques résulte du grand nombre de poteries qui travaillaient pour le Musée de la céramique (marques : SST-10676, SST-02350, SST-04928, SST-10669, SST-10260, SST-02260).

La majolique de Thoune nous est par ailleurs principalement parvenue sous la forme des céramiques du grossiste « Musée céramique » (Schoch-Läderach et ses successeurs) et de la manufacture Wanzenried.

On a conservé, datant des débuts de la manufacture Wanzenried, une table complète dont le plateau a été peint par le peintre genevois Louis Sabin et qui remonte à la période 1879-1881 (Frank/Heege 2025).

La collection de la SST comprend également la pièce la plus importante de Louis Sabin, un plateau de table signé et daté de 1880 (SST-04892).

Louis Sabin semble avoir également travaillé pour le potier Anton Kappeler, qui avait son atelier dans les briqueteries du colonel Karl Schrämli à Glockenthal, près de Steffisbourg (Frank/Heege 2025). Il ne reste d’Anton Kappeler qu’un seul plateau de table, signé et particulièrement grand, qui se trouve également dans la collection de la Fondation du château de Thoune (SST-14353).

Le peintre le plus important de la manufacture de Wanzenried fut Friedrich Ernst Frank (1862-1920), qui était entré dans l’entreprise en 1878 en tant qu’apprenti et y avait notamment été formé par Louis Sabin. Frank a réalisé de nombreux dessins et a surtout peint les très grands plateaux héraldiques ainsi que les assiettes arborant les armoiries cantonales.

Si, dans un premier temps, il était fortement attaché au courant de l’historicisme, il s’est tourné vers l’Art nouveau au début du XXe siècle, sous l’influence de Paul Wyss, enseignant aux arts et métiers à Berne. La collection de la SST possède de nombreuses œuvres de grande qualité de Frank et conserve également le fonds graphique provenant de la collection familiale.

Contrairement aux peintres sur céramique « classiques », Frank a pu apposer ses initiales sur ses céramiques, en plus du logo de l’entreprise.

Il semble n’y avoir qu’une seule exception à cette règle. Au début du XIXe siècle, on trouve quelqu’un qui signe avec les lettres « AM », bien que les pièce portant cette marque soient très rare (SST-04314, SST-05193).

Céramiques la finisseuse (femme peintre sur céramique) ou du producteur marquée d’une lettre peinte :  « H » (SST-10384, SST-04925, SST-034926, SST-12321, SST-12323, SST-12326).

La période initiale de la majolique de Thoune compte toutefois au moins deux autres fabricants (ou finisseuses ?) dont l’identité reste inconnue à ce jour.

 

Ils/Elles signaient leurs créations d’un « H » et d’un « T » et fabriquaient non seulement des pièces céramiques de grande qualité, mais aussi de la vaisselle pour poupées ou des terres cuites miniature (SST-10092).

 

En ce qui concerne les assiettes peinte avec vedute (assiettes en céramique ornées d’une vedutepaysage – centrale peinte à l’huile), développées à partir de 1883 par Johann Heinrich Schoch-Läderach en collaboration avec des peintres de vedutes de Thoune pour le marché touristique, la Fondation du château de Thoune possède la plus grande collection au monde, comprenant une forte proportion de pièces signées par les peintres et peintres. Les assiettes peintes avec vedute ont été présentées pour la première fois en 1883 lors de l’Exposition nationale de Zurich et ont suscité un vif écho dans la presse, car on ne savait pas clairement si elles devaient être classées dans la catégorie de l’art ou de la poterie. Par ailleurs, Schoch-Läderach a été vivement critiqué, car il exposait en tant qu’intermédiaire et non en tant que producteur.

Assiette présentant un décor de paysages touristiques suisses. Au centre le château de Thoune avec l’écusson de la ville éponyme. Entreprise « Musée de la céramique », sous les noms de S. Mack, L. Hahn ou G. Beutter, vers 1890-1907 (SST-04812).

Une variante inhabituelle, commercialisée par le Musée de la céramique, est constituée d’assiettes avec un type spécial de « vedute » présentant un relief.

Assiette, Suisse, canton de Vaud, Nyon, Manufacture de poteries S.A., pour Pflüger Frères et Cie (Lausanne), vers 1878-1882 (SST-05192).

Issu de la Manufacture de poteries S.A. à Nyon, travaillant en collaboration avec les Frères  Pflüger de Lausanne, la collection conserve une assiette particulièrement intéressante qui prouve qu’après l’Exposition universelle de Paris, d’autres fabricants avaient également pris conscience que la majolique de Thoune promettait de devenir une activité lucrative.

Vase à pieds de chèvre, signé « GT » (Gottfried Tschanz, SST-12275). Les edelweiss nous indiquent que ce vase a été fabriqué après 1883 (première apparition connue des edelweiss lors de l’Exposition nationale de Zurich en 1883).

Paire de vases représentant un cavalier chevauchant un dragon, signés « GT » et « Thun – ici dans l’orthographe allemande » dans un ovale (SST-12999), provenant de la collection de la famille Tschanz.

 

Il se peut que ces deux plats(SST-12981, SST-12982) représentent Hadji Halef Omar Ben Hadji Abul Abbas Ibn Hadji Dawuhd al Gossarah et Kara Ben Nemsi. Ces deux personnages apparaissent dans le « Cycle oriental », une série de romans de l’écrivain allemand Karl May (1842-1912). Les récits qui en sont à l’origine ont été publiés, parfois avec des interruptions, entre 1881 et 1888 dans la revue « Deutscher Hausschatz in Wort und Bild – Littéralement : Trésor national allemand en mots et en images » chez Friedrich Pustet à Ratisbonne (actuellement Bratislava). Ces récits ont été réimprimés à partir de 1892 dans les Œuvres complètes de Karl May. Si l’interprétation de la représentation est correcte, il s’agirait d’une céramique de Gottfried Tschanz, fils (1859-1930). Provenant de la collection familiale des Tschanz.

Ensemble composé de six chopes à bière et d’un pichet, sans glaçure extérieure, tel que ce fut brièvement à la mode à partir de 1885 environ, signé « GT » et « Thun » dans un ovale (SST-13280).

Issu de la poterie de Gottfried Tschanz (1859-1930) (Hafner = potier ; Geschirmalerin = femme peintre sur céramiques ; Ausmacherin = finisseuse ; Landwirt = aubergiste ; Lehrer = maître d’école), la SST conserve sans doute le plus grand fonds de céramiques connu des potiers Tschanz connu, avec des pièces souvent marquées, ainsi que quelques documents d’archives provenant également de la collection familiale. La famille Tschanz, très ramifiée et spécialisée dans la poterie, a participé, par l’intermédiaire de différents membres, à la production de céramiques souvent très particulières et remarquables  de la Majolique de Thoune.

L’atelier réalisait également des copies de fontaines murales et d’autres récipients d’après des modèles de Langnau, en apposant souvent une grande marque ovale en creux « Gottfr. Tschanz Hafner Heimberg – Potier de Heimberg», qui figurait également sur les grandes figurines ci-dessous (SST-13255).

Gottfried Tschanz a également réalisé des statuettes, de demi-grandeur, ainsi que des nains de jardin, très courants dans les fermes bernoises, notamment (SST-13027, SST-13028). Provenant de la collection familiale des Tschanz.

Il fabriquait également des carreaux muraux moulés et s’était construit un poêle en faïence (SST-13011, 13019). Provenant de la collection familiale de Tschanz.

Suisse, canton de Berne, Heimberg-Steffisbourg, atelier situé probablement à la Bernstrasse – Route de Berne 310, vers 1860-1900

Zu den herausragenden und singulären Einzelstücken der Sammlung gehört die

Le groupe de figurines représentant Guillaume Tell et son fils Walter, héros légendaire des mythes fondateurs de la Suisse, compte parmi les pièces uniques et exceptionnelles de la collection. Rudolf Amstutz était, depuis 1932, propriétaire d’une poterie à Heimberg, située au 310 de la Bernstrasse – Route de Berne. Il l’avait acquise auprès d’Ernst Loder (1882-1958). Depuis au moins 1849, la propriété abritait deux ateliers de potiers, dont l’un était généralement loué à des potiers dont les noms ne sont pas connus. Selon les déclarations du vendeur, la figurine de Guillaiume Tell a été réalisée « en 1864 par le potier K. Bercher, originaire d’Argovie ». Elle aurait servi de « marque de fabrique », aux côtés du personnage de son petit garçon Walter, « dans la cour de l’ancienne poterie ». Si la localisation peut être correcte, il n’en va pas de même pour la datation et l’attribution à Karl Bercher, le compagnon potier prétendument immigré. Karl Bercher est né à Heimberg et y a vécu de 1879 à 1943. Il était le fils du potier Gottlieb Bercher (1837-1904), originaire de Reckingen, canton d’Argovie, qui a d’abord travaillé de 1859 à 1866 comme compagnon chez Johann Fahrni et Niklaus Frei à Heimberg, avant de s’y installer définitivement. De 1880 à 1897, il fut propriétaire d’une poterie à Heimberg, qu’il avait lui-même construite, située au 33 de la Dornhaldestr. – Rue Dornhalde. Karl Bercher travaillait  effectivement comme potier, mais nous ne savons pas dans quelle poterie. Si la figurine est réellement l’œuvre de Karl Bercher, elle devrait dater d’environ 1900 ; si, en revanche, elle est l’œuvre de son père Gottlieb, une datation entre 1860 et 1880 serait plus probable. Le problème de la datation et de l’identité du fabricant ne peut être résolu a posteriori.

La collection offre également un bon aperçu de l’œuvre céramique de César Adolph Schmalz (1887-1966) et de son fils Hans Schmaltz (1910-1972). Leur vie et leur œuvre font l’objet d’une monographie détaillée (Marti/Straubhaar 2017).

Céramiques de la société Loder & Schweizer, 1919-1924.

Les produits des successeurs de la manufacture Wanzenried, à Steffisbourg – Lengacher, Loder & Schweizer, Schweizer, Schneider – sont également bien représentés dans la collection.

Céramiques d’Emil Lengacher, fabriquée dans l’ancienne manufacture de Wanzenried, 1912-1914.

Céramiques d’Emil Lengacher, réalisée dans l’ancienne manufacture de Wanzenried pour le bazar du « Dörfli – Petit village suisse traditionnel» à l’Exposition nationale de Berne, 1914, marquée en outre « HS » (Heimatschutz – Conservation du patrimoine).

Ces céramiques sont importantes sur le plan historique, car l’on dispose ainsi, pour la première fois, d’un large éventail d’œuvres importantes, provenant de la collection de sa famille, produites pendant la brève période de création d’Emil Lengacher (1912-1914).

Ces Majoliques de Thoune, signées, proviennent de la poterie ou du magasin d’articles ménagers de Max Leopold, à Thoune, vers 1918-1925.

Les céramiques du magasin d’articles ménagers Max Leopold, à Thoune, qui ont pour la plupart été réalisées entre 1918 et 1925, s’apparentent à un renouveau de la « Majolique de Thoune ».

Vases de la manufacture de céramique « Desa », vers 1920-1925.

Les créations de l’Art nouveau bernois, de l’Art déco et de style régional sont illustrées par une vaste collection issue de la manufacture de céramique « Desa » et à l’entreprise qui l’a précédée, Karl Loder-Eyer.

Assiette de Bäriswil, 1789 (SST-00666).On y lit «  Mach es wir die Sonnenblum wende dich nach Jesu um 1789. Friederich Martey – Fais comme le tournesol : tourne-toi vers Jésus, vers 1789. Frédéric Marty ».

Ecritoire d’Abraham Marti, réalisé pendant sa période à Blankenbourg, vers 1758-1792 (SST-00677).

Sucrier de Langnau, atelier 4, manière 12 (Johannes Herrmann, 1775-1827), vers 1800-1805 (8SST-00678).

On trouve par ailleurs, dans une proportion nettement plus faible, des céramiques provenant des plus importants centres potiers bernois à Bäriswil (Heege/Kistler/Thut 2011), Langnau (Heege/Kistler 2017) et Blankenbourg (Heege/Frey/Spycher et al. 2023).

Moule pour la fabrication des pains à l’anis ou de Springerle (biscuit blanc parfumé à l’anis avec dessin en relief)  )provenant de la faïencerie Stüdlin à Lohn, canton de Schaffhouse (SST-00669, SST-00668, SST-00979, SST-00975).

Pas moins de 35 pièces constituent également une très belle série de moules à pâtisserie provenant de Lohn, canton de Schaffhouse.

Faïence

Assiette dite « à la cardinale » ( à bord large), Winterthour (SST-01234), vers 1630-1700 (SST-01234).

Seules 116 pièces de la collection ont été classées dans la catégorie « faïence ». Le groupe « faïence » se divise en deux grands sous-groupes. Bon nombre de ces pièces font partie de l’ancien fonds du musée, pour lequel il n’existe généralement aucune information sur le contexte d’acquisition ou la provenance.

Faïence »fausse – copie – contrefaçon » dans le style de Deruta (Italie). Manufacture Fleischmann, Nuremberg, vers 1867-1875 (SST-02342).

On y trouve des faïences d’origines très diverses, provenant par exemple de Winterthour, Zollikon (canton de Zurich), des villes allemandes de Hanau, Nuremberg et Ansbach, ou française de Niderviller, de l’est de la France, de Strasbourg, mais aussi des manufactures suisses de Matzendorf et Kilchberg-Schooren, ainsi qu’une imitation de la manufacture Fleischmann de Nuremberg.

Manufacture de faïence « La Villa du Rond » près de Bonnétable, France, Pays de la Loire, département de la Sarthe, vers 1880-1900. Toutes les pièces portent la fausse « marque Z » de Kilchberg-Schooren et sont ornées de motifs traditionnels suisses, vers 1880-1900 (SST-02265 – SST-02268).

La présence de contrefaçons marquées d’un « Z » provenant de la manufacture de faïence La Villa du Rond près de Bonnétable, en France, dans les Pays de la Loire, département de la Sarthe (vers 1880-1900), a donné lieu à une étude approfondie (Heege/Tribolet/Hörack 2025). Ces pièces, ornées de motifs traditionnels suisses, relèvent donc clairement de la céramique touristique et ne peuvent plus être attribuées à la manufacture de porcelaine zurichoise de Kilchberg-Schooren.

Céramiques de la manufacture « Desa », à Steffisbourg, de style Art déco, en partie avec une glaçure de faïence, vers 1925-1933.

Le deuxième grand groupe de faïences provient de la production de la manufacture de céramique – poterie d’art – « Desa » à Steffisbourg.

Faïences à revêtement mince

La faïence à revêtement mince, dont la collection compte quatre exemplaires, est un type de céramique typique de la Suisse alémanique de la seconde moitié du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle. Le lieu exact de production reste inconnu à ce jour, mais il se situerait probablement soit dans le canton de Soleure, soit dans le Jura (ancien évêché princier de Bâle). Les trouvailles archéologiques s’étendent également jusqu’à la région de la ville allemande Lörrach, à une dizaine de km de Bâle. La pièce la plus récente (vers 1725-1740) est sans doute la cruche à anse, peinte uniquement en bleu et dotée d’un bec verseur extérieur. La pièce la plus ancienne, datant de 1686, était à l’origine également une cruche à anse.

  

Faïences à revêtement minces dans la collection de la SST (SST-00621, SST-01228, SST-01231, SST-02372).

Faïences fines

La faïence fine est représentée dans la collection par pas moins de 129 pièces, dont les origines sont très variées : suisse, allemande, française, anglaise et même italienne. Ces pièces font souvent partie des anciennes collections du musée, dont l’origine reste incertaine. Une grande partie d’entre elles n’a rejoint la Fondation du château de Thoune que récemment, grâce à un don de Doris Arm-Hinderling issu de la collection de Hans Arm, à Berne.

Nyon, manufacture Bonnard & Gonin, vers 1859-1860 (faisant partie d’une série aux motifs de chasse SST-14676-14681).

Parmi les faïences fines suisses, on en trouve provenant de Kilchberg-Schooren, Carouge, Nyon, Schaffhouse et de la manufacture Desa à Steffisbourg.

En Sarre (Allemagne), à Mettlach ou à Wallerfangen, un service à thé a été fabriqué vers 1840-1845 par la société Villeroy & Boch. D’autres lieux de fabrication sont Hornberg, Schramberg, Zell am Harmersbach ou encore Schlierbach près de Wächtersbach, également dans le Bade-Württemberg.

France, Hauts-de-France ; département de l’Oise, Creil, Creil, manufacture, vers 1819-1825 (SST-14665).

En France, comme c’est souvent le cas en Suisse, on peut attester les lieux de fabrication . Nous avons dans la collection des provenance de  Creil, Montereau et Lunéville.

Angleterre, Staffordshire, Stoke-on-Trent, Etruria, Wedgwood, manufacture, vers 1780-1800. Faïence fine (creamware) moulée (moule en plâtre) (SST-02327).

L’Angleterre est représentée par Wedgwood, à Stoke-on-Trent, leader du marché, avec une très belle terrine que l’on pourrait facilement imaginer dans un foyer bourgeois aisé de Thoune vers 1800.

Italie, Lombardie, Campione d’Italia, Cooperativa Bezzola, vers 1850-1900 (SST-02282).

Cette assiette en faïence italienne, ornée d’un décor imprimé en bleu, a été fabriquée vers 1850-1900 en Lombardie, à Campione d’Italia, une enclave en territoire suisse, en face de Lugano, par la Cooperativa Bezzola.

Grès

Avec seulement 19 entrées, le corpus consacré au grès est très restreint et, en même temps, très hétérogène dans sa composition.

Cruche, France, Hauts-de-France ; département de l’Oise, Beauvais, période vers 1800-1900 (SST-09455).

Cette présence d’une cruche provenant vraisemblablement de la région de Beauvais en France, et offerte au musée en 1916 par la famille Liebi-Knechtenhofer de Thoune, est surprenante.

Cruche à panse bombée et chope en grès, grès de type « Westerwald » provenant de Rhénanie-Palatinat/Westerwald, vers 1650-1680 et vers 1690-1720 respectivement (SST-02343, SST-03180).

Une chope en grès et une cruche à panse bombée provient de la collection de l’Association d’embellissement de Thoune qui l’a offerte à la Fondation du château de Thoune ; on peut donc imaginer que ces objets étaient effectivement utilisés à l’origine dans des foyers ou des auberges de Thoune. L’Association des habitants de Thoune a été fondée en décembre 1869 (date de fondation : Intelligenzblatt für die Stadt Bern – Journal officielle de la ville de Berne, 8 juin 1874). L’Association des habitants fut également, dès 1887, l’une des co-initiatrices du musée. Elle fut rebaptisée « Association d’embellissement de Thoune » en 1901 (Täglicher Anzeiger für Thun und das Berner Oberland – Journal de Thoune et de l’Oberland bernois,  tome 25, numéro 109, 9 mai 1901).

Porcelaine

La collection compte 102 entrées consacrées aux objets en porcelaine. La composition de cette collection – porcelaine de pharmacie, vaisselle de poupée, porcelaine d’hôtel, vaisselle décorée sous glaçure dans les magasins locaux d’articles ménagers – ne présente pas de particularités ni d’intérêt notables.

Traduction Pierres-Yves Tribolet

Bibliographie :

Toutes les éditions du rapport annuel du château de Thoune

Armand Baeriswyl 2016
Das Schloss Thun und der grosse Turm – vom zähringischen «Donjon» zum bernischen Kornhaus. Zum Stand der Erkenntnisse nach zwanzig Jahren Forschung.
Mittelalter. Zeitschrift des Schweizerischen Burgenvereins Heft 1, 2016.

Armand Baeriswyl 2019
Der zähringische grosse Turm im Schloss Thun (CH) – Ein Saalbau in Turmform? In: Guido von Büren und Michael Goer (Hrsg., im Auftrag der Wartburg-Gesellschaft),
Burgen, Schlösser, Häuser. Festschrift für G. Ulrich Grossmann zum 65. Geburtstag. Petersberg 2019, 12-19.

Armand Baeriswyl – Heinz Kellenberger 2015
Thun, Schloss, Der zähringische «Donjon» der Zeit um 1200.
Archäologie Bern 2015, Jahrbuch des ADB 2015, 102-104.

Buchs 1961
Hermann Buchs, Über die Anfänge der Töpferei in Heimberg und deren Eigenständigkeit, in: Jahresbericht Historisches Museum Schloß Thun, 1961, 5-12.

Buchs 1970
Hermann Buchs, Ein Heimberger Tröckneofen, in: Historisches Museum Schloss Thun, 1970, 4-17.

Buchs 1980
Hermann Buchs, Die Thuner Majolika des Johannes Wanzenried und des Zeichners Friedrich Ernst Frank, in: Jahresbericht Historisches Museum Schloss Thun, 1980, 5-43.

Buchs 1988
Hermann Buchs, Vom Heimberger Geschirr zur Thuner Majolika, Thun 1988.

Buchs 1995
Hermann Buchs, Das Hafnergewerbe im Heimberg, in: Einwohnergemeinde Heimberg (Hrsg.), 850 Jahre Heimberg 1146-1996, Heimberg 1995, 50-60.

Frank/Heege 2025
Georg Frank/Andreas Heege, Die Kunsttöpferei Kappeler in Steffisburg-Glockenthal. Mit einem Exkurs zum Genfer Keramikmaler Louis Sabin (1831-1895). Keramik-Freunde der Schweiz Revue 140, 2025, 169­-193.

Heege 2010
Andreas Heege, Ein Tintengeschirr aus der Produktion von Abraham Marti, Blankenburg, in: Schlossmuseum Thun 2009, 2010, 74-77.

Heege/Kistler/Thut 2011
Andreas Heege/Andreas Kistler/Walter Thut, Keramik aus Bäriswil. Zur Geschichte einer bedeutenden Landhafnerei im Kanton Bern (Schriften des Bernischen Historischen Museums 10), Bern 2011.

Heege/Kistler 2017
Andreas Heege/Andreas Kistler, Keramik aus Langnau. Zur Geschichte der bedeutendsten Landhafnerei im Kanton Bern (Schriften des Bernischen Historischen Museums 13), Bern 2017.

Heege/Frey/Spycher u.a. 2023
Andreas Heege/Jonathan Frey/Alfred Spycher u.a., Keramik aus Blankenburg, Abraham Marti (1718–1792), ein bernischer Landhafner, Bd. 16 (Schriften des Bernischen Historischen Museums), Bern 2023.

Heege/Tribolet/Hörack 2025
Andreas Heege/Pierre-Yves Tribolet/Christian Hörack, Gefälschte Fayencen aus Kilchberg-Schooren – Des Rätsels Lösung!? Keramik-Freunde der Schweiz Revue 140, 2025, 7-73.

Keller 1938
Hans Gustav Keller, Das historische Museum Schloss Thun 1887-1937, Thun 1938.

Kelterborn 2012
Hans Kelterborn, 1888–2013: 125 Jahre Schlossmuseum Thun, in: Historisches Museum Schloss Thun Jahresbericht, 2012, 29-35.

Küffer 1987
Peter Küffer, Historisches Museum Schloss Thun 1888-1988, in: Historisches Museum Schloss Thun Jahresbericht, 1987, 19-99.

Marti/Straubhaar 2017
Erich Marti/Beat Straubhaar, C.A. Schmalz 1887-1966. Leben und Werk mit Pinsel, Stift und Lehm, Heimberg 2017.

Raselli-Nydegger 2015
Lilian Raselli-Nydegger, Der Schlossberg Thun – 5000 Jahre Geschichte, in: Jahresbericht Schloss Thun – Schlossmuseum, 2015, 30-37.

Schwab 1921
Fernand Schwab, Beitrag zur Geschichte der bernischen Geschirrindustrie Schweizer Industrie- und Handelsstudien 7 (Weinfelden/Konstanz 1921).